carnet d’août 2026

lundi17août | arrivée & installation
Valises, sacs à dos, chaussures, livres, outils d’écriture (ordinateur, cahiers et carnets, appareil photo Canon D90 et ses objectifs). C’est l’heure du grand départ à destination des Pyrénées haut-et-garonnaises ! Nous quittons Montpellier et empruntons tour à tour l’A75 jusqu’à Béziers, puis les routes départementales jusqu’à Saint-Sulpice-sur-Lèze où nous retrouvons une portion d’autoroute A64 jusqu’à Saint-Gaudens puis la nationale 125 jusqu’à Bagnères-de-Luchon, notre lieu de villégiature.
A l’heure du déjeuner, nous faisons étape à Belpech, au cœur de la petite région de la Piège vouée à une agriculture généreuse qui contribue à façonner et préserver ses paysages agrestes.

Arrivés à destination, il nous faudra peu de temps pour prendre acte qu’ici, on dit Luchon. Bagnères n’est noté sur aucun panneau indicateur. Le monument aux morts lui-même confirme, qui est érigé en mémoire des « enfants de Luchon ». Le nom « Luchon » (Luishon en gascon) trouve son origine dans celui de la divinité romaine Ilixon, dieu tutélaire protecteur des eaux chaudes de la vallée de la Pique, la rivière qui baigne Luchon. Il faisait l’objet d’un culte dont témoignent les nombreux autels votifs portant la mention Ilixoni deo retrouvés dans la région par les archéologues.
Une fois posées nos valises, nous partons pour « un petit tour » à pied afin de faire connaissance avec la ville où nous séjournerons pendant trois semaines. Frappés, tout de suite, par la majesté des bâtiments et des vastes demeures dont la plupart furent construites au XIXe siècle. Au numéro 1 de la place Richelieu, une plaque rappelle les séjours qu’effectua ici Gustave Flaubert, à deux reprises, en 1840 puis en 1872.

Gustave Flaubert est âgé de dix-neuf ans lorsqu’il fait pour la première fois étape à Luchon. Il vient d’obtenir le baccalauréat. En récompense, ses parents lui ont offert un voyage dans le Sud qu’il relate dans une œuvre de jeunesse, Voyage dans les Pyrénées, Aquitaine, Languedoc, Provence & Corse.
Flaubert, 15-IX-1840 (1) | « Souviens-toi de ton ami Montaigne »
Le 15 septembre 1840, à Luchon, le temps est à la pluie. Flaubert est confiné dans son logis. Il ne sait que faire. Ses plans sont contrariés.
« Aujourd’hui je devais aller au port de Venasque et revenir par le port de la Picade, aller en Espagne encore une fois ! Le projet est avorté et je suis à écrire assis sur un canapé d’auberge, en paletot et le chapeau sur la tête. Je ne sais ni que faire, ni que lire, ni qu’écrire. Il faut passer ainsi toute une journée, et qui promet d’être ennuyeuse. À peine s’il est 7 heures du matin, et le jour est si triste qu’on dirait du crépuscule ; il fait froid et humide. Restant confiné dans ma chambre, il ne me reste qu’un parti, c’est d’écrire. »

Le 29 août, le Docteur (son père), lui avait mandé (la lettre est également signée par Madame Flaubert, sa mère, et Caroline, sa sœur adorée) :
« Mon cher ami, nous t’avons tous regretté dans le plaisir d’une pêche miraculeuse, et d’une longue promenade dans un pays agreste situé au-delà de Villenauxe où nous avons trouvé les Pyrénées de la Champagne. Nous pensons beaucoup à toi et en parlons souvent. (…) Profite de ton voyage et souviens-toi de ton ami Montaigne qui veut que l’on voyage pour rapporter principalement les humeurs des nations et leurs façons, et pour « frotter et limer notre cervelle contre celle d’aultruy ». Vois, observe et prends des notes ; ne voyage pas en épicier ou en commis-voyageur… »
(à suivre)
-o-
mardi18août | roi soleil & rois des airs
Fiche technique – Départ : station de Superbagnères. Objectif : Pic de Céciré (2403 m). Retour : station de Superbagnères. Distance : 14,74 km. Durée : 5:41:56 (moyenne 23:13/km). D+ : 816 m.

Renoué aujourd’hui avec la montagne, pour la première fois dans les Pyrénées, excepté nos séjours et randonnées en Cerdagne et Capcir pendant les dix-huit ans où nous avons vécu dans nos chères Pyrénées Catalanes.

La montée vers le pic de Céciré à partir de la station de ski de Superbagnères permet d’avoir une vue sur les sommets pyrénéens qui culminent à plus de 3 000 mètres, dont leur maître à tous, le Pic d’Aneto, jadis si joliment nommé le Nethou (3404 m) dans le massif de la Maladeta situé en Espagne.
Le temps est radieux, le soleil resplendissant, la température acceptable, il ne fait pas très chaud même si l’on ressentira par endroits, dans des parties encaissées, des bouffées de chaleur.
Un ballet de vautours salue notre arrivée au sommet du Céciré où nous déjeunons devant le spectacle grandiose des pics. Nous observerons également le vol noble et solitaire de quelques aigles royaux.

Des vautours en très grand nombre prenant leur envol sous nos yeux nous accompagneront ensuite sur une portion du GR10 que nous empruntons dans son nouveau tracé pour le retour au point de départ.

Rois des airs en majesté et roi soleil, en la personne d’une Carline à feuilles d’acanthe (Carlina acanthifolia) plus connue sous le nom commun de chardon baromètre furent parmi les joies de cette première journée en montagne.
L’album photo






