Phrag/mes

« Nous courons dans l’incendie du monde » – René Nelli


Soulages, « la lumière réfléchie »

Origine – Penser le monde des origines est central dans la démarche artistique de Pierre Soulages. Son geste même tient de cette quête, le geste retrouvé de l’homme de Lascaux.

Il fait du noir « une couleur d’origine de la peinture ».

Les analyses effectuées au microscope électronique ont révélé que le noir de Lascaux était constitué d’un mélange de dioxyde de manganèse, d’oxyde de fer noir et de carbone, tous composants utilisés à l’état pur.

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Pureté du noir – Dans un texte de 1970, Michel Ragon parle de « rayonnement du noir ».

Dans les peintures noires de Soulages, la lumière, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est traitée par fragmentation. Chaque strie pratiquée dans la matière noire est attente de lumière. Et la lumière vient.

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Secret du noir – Pierre Soulages : « Mon instrument n’était plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir ».

Cette lumière secrète tire son essence du clair-obscur dont Soulages est le réinventeur.

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Négation du noir – Dans la surface de peinture noire étalée sur la toile, surface qui se fera de plus en plus épaisse avec, à partir de 2004, l’utilisation exclusive de l’acrylique, Pierre Soulages voit « la négation du noir ».

14 avril 1979 – Date de la première peinture conservée par l’artiste où le noir pigmentaire couvre la totalité de la surface du support. Colette Soulages, découvrant la toile dans l’atelier, y voit immédiatement comme une alchimie, une transmutation de la matière noire en lumière. « Ce n’est pas un monochrome, dit-elle, c’est de la lumière réfléchie ».

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Source : cartels de l’exposition Pierre Soulages, la rencontre au musée Fabre de Montpellier (28 juin 2025 – 4 janvier 2026).



Une réponse à « Soulages, « la lumière réfléchie » »

  1. […] Pierre Soulages : « Je ne crois pas qu’un peintre, que sa peinture soit figurative ou non, puisse ignorer en peignant un élément aussi capital que l’espace dans notre expérience du monde sans risquer d’appauvrir douloureusement sa peinture. L’espace est une dynamique de l’imagination ». (A lire aussi : Soulages, « la lumière réfléchie », dans les Notes). […]