Où vis-tu
à cette heure
sinon dans cet espace que le temps nous envie
dans cette prairie maigre oubliée des troupeaux
et que l’absence d’herbe rend à sa solitude
Ici tu écris tes poèmes pauvres
tu proclames l’indigence comme porte vers le salut
tu pries pour l’âme errante
elle te convie au partage du seigle
autour de la table ovale qui jadis tenait lieu de resserre et de viatique
pour le dernier vivant

-o-
N-B : poème lu en public lors du marathon de lecture organisé par la Maison de la Poésie Jean Joubert de Montpellier dans le cadre des Nuits de la lecture le samedi 24 janvier 2026. Écrit à Carcassonne le mercredi 21 janvier 2026, j’ai lu ce poème en écho au poème d’Ives Roqueta Coma Podiàm, extrait de son anthologie pas que la fam (la faim, seule) aux éditions Letras d’òc, 2009.
