Chopin, un prélude chez Proust

La musique, comme la peinture, tient une place importante dans l’œuvre de Proust. Frédéric Chopin figure parmi ses compositeurs préférés. Il ne tarde pas à évoquer son art de pianiste et de compositeur dès le chapitre II de Combray.

« Le pianiste ayant terminé le morceau de Liszt et ayant commencé un prélude de Chopin, Mme de Cambremer lança à Mme de Franquetot un sourire attendri de satisfaction compétente et d’allusion au passé. Elle avait appris dans sa jeunesse à caresser les phrases, au long col sinueux et démesuré, de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent à chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de leur départ, bien loin du point où on avait pu espérer qu’attendrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet écart de fantaisie que pour revenir plus délibérément – d’un retour plus prémédité, avec plus de précision, comme sur un cristal qui résonnerait jusqu’à faire crier – vous frapper au cœur ». 

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De Frédéric Chopin, le prélude en fa dièse majeur op. 28 numéro 13 interprété ici par Grigory Sokolov.